14 Décembre 2021
Une opération sauvetage digne des films pour un équipage du Groupe Océan
Par: Jean-Philippe Morin

Les matelots Bruno Morin et Pascal Delisle ainsi que le capitaine Guy Daneau ont utilisé le Jason’s Cradle (à gauche sur la photo) pour extirper un homme des eaux glaciales du Saint-Laurent, le 5 décembre. Absent de la photo : l’officier mécanicien Ion Dumitrache. Photo Jean-Philippe Morin | Les 2 Rives ©

Quatre employés du Groupe Océan ont usé de sang-froid pour effectuer un sauvetage dans les eaux glaciales du fleuve Saint-Laurent, le dimanche 5 décembre.

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À 16 h 22 précisément, un appel d’urgence est entré sur les ondes radio concernant un homme tombé à l’eau dans le fleuve, près de Rio Tinto Fer et Titane. Il était en train de pêcher lorsque son canot a chaviré.

Le remorqueur Océan Bertrand Jeansonne était à quai aux installations de l’entreprise, près de Richardson International au centre-ville. À bord, il y avait le capitaine Guy Daneau, l’officier mécanicien Ion Dumitrache et les matelots Pascal Delisle et Bruno Morin.

« Quand on a entendu l’appel sur les ondes, on n’a pas hésité et on s’est rendu sur place. On était là en environ 20 minutes et c’est notre officier mécano qui l’a aperçu avec ses jumelles au loin. On ne voyait pas grand-chose, juste une tuque qui dépassait », se remémore le capitaine Guy Daneau.

En s’approchant de l’homme qui dérivait, les matelots lui ont lancé une bouée de sauvetage, mais comme le courant était trop fort, il n’a pas été capable de la prendre. L’équipage a donc descendu le Jason’s Cradle, soit un dispositif de sauvetage maritime ressemblant à un tapis, afin qu’il puisse s’y accrocher.

À ce moment, l’homme a nagé vers le remorqueur et s’y est accroché avec succès. « À l’endroit où on était rendu, il n’y avait pas beaucoup de profondeur d’eau. Avec le bateau qu’on a, on risquait de s’accrocher au fond. Il dérivait tellement vite que c’était sa seule chance de s’accrocher. On avait une chance de le sauver. On ne pouvait pas la manquer », raconte M. Daneau.

« On a vraiment senti que c’était son dernier effort », ajoute le matelot Bruno Morin.

Une fois sur le bateau, les quatre collègues l’ont amené à l’intérieur pour lui prodiguer les premiers soins en appliquant le protocole. Ils lui ont enlevé ses vêtements et l’ont réchauffé du mieux qu’ils ont pu avec des couvertures jusqu’au retour au quai, où les paramédics l’ont pris en charge.

« Il était imbibé d’eau, il criait très fort et avait mal. Il n’avait plus de bottes. Il était sur le bord de perdre conscience, il fallait agir vite. En même temps, comme il était très agité, on a essayé de le calmer en lui parlant, simplement pour avoir un contact avec lui », explique le matelot Pascal Delisle.

Un travail d’équipe

« Tout s’est emboîté. C’était un vrai travail d’équipe sur le navire, mais aussi sur le quai pour nos collègues qui nous attendaient. Chacun connaissait son rôle », relève Bruno Morin.

Ce dernier a déjà participé à un sauvetage il y a environ 25 ans. Selon lui, la formation a joué un grand rôle dans l’événement du 5 décembre dernier. « On fait des formations à plusieurs reprises dans une année, ça nous aide. Quand ça arrive pour vrai, l’instinct embarque », souligne le matelot d’expérience.

Outre Groupe Océan et les paramédics, plusieurs services d’urgence ont été mis à contribution, dont les pompiers et la Garde côtière.

Le directeur des opérations de remorquage du Groupe Océan à Sorel-Tracy, Jean-Philip Beaumier, était fier de ses hommes. « En eau froide, 30 secondes ou une minute font toute la différence. Chaque seconde compte, le temps s’arrête. Ils ont toute mon admiration », lance-t-il.

Sans nouvelles

L’équipe de l’Océan Bertrand Jeansonne est toujours sans nouvelles de la personne qui a été extirpée des eaux du fleuve. Les quatre hommes espèrent que lui ou un membre de sa famille puisse entrer en contact avec eux pour leur faire part de son état.

Selon le capitaine Guy Daneau, quand l’homme a quitté en ambulance, il était en douleur, mais bien conscient. « Le plus important pour moi, c’est de savoir comment il va. Ce n’est plus de notre ressort, mais c’est certain qu’on aimerait avoir de bonnes nouvelles », admet-il.

« On a fait le maximum qu’on pouvait faire selon les circonstances », conclut Bruno Morin.

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