17 janvier 2024 - 08:26
Une première année réussie pour la Maison la Grande Ourse
Par: Stéphane Fortier

Suzie Girard, directrice de Maison La Grande Ourse, en compagnie de son adjointe Fanny Fontaine. Photo gracieuseté

Le 24 février, Maison la Grande Ourse, la première maison de thérapie pour survivantes d’agressions et de violences à caractère sexuel au Québec, soulignera l’an un de son existence et le bilan montre déjà que cet organisme s’imposait grandement dans la communauté.

Partie d’à peu près rien, la Maison la Grande Ourse n’était qu’une idée théorique qui est devenue rapidement une réalité et, il n’y a pas à dire, cela fonctionne merveilleusement bien, selon Sylvain Dupuis, gestionnaire du projet. « Non seulement sommes-nous la première maison du genre au Québec, mais la première dans tout le Canada, mentionne fièrement Sylvain Dupuis. Nous recevons des appels de partout au pays pour des informations. C’est un projet incroyable ayant une portée fort importante pour les femmes victimes d’agressions et de violences à caractère sexuel », poursuit M. Dupuis, qui est également directeur de l’organisme La Traversée, un centre de crise et de prévention du suicide.

La Maison la Grande Ourse n’est pas un centre d’intervention de première ligne comme La Source, par exemple, mais se situe entre la deuxième et la troisième ligne. « Les femmes doivent avoir parcouru un mini cheminement avant de venir nous voir pour une thérapie », précise Suzie Girard, directrice de Maison la Grande Ourse. Ici, c’est un peu l’aboutissement de leur parcours. On leur donne des outils pour leur permettre de mieux vivre leur situation, leur montrer que la vie peut être belle », poursuit-elle.

« C’est ni plus ni moins que recommencer à vivre. Nathalie Simard, qui est la marraine de l’organisme, qualifierait cela comme reprendre ses ailes », ajoute Sylvain Dupuis.

Nécessaire

Un organisme comme la Maison la Grande Ourse est devenu une nécessité dans notre société et les résultats de la première année le démontrent amplement. De fait, jusqu’à présent, l’organisme est venu en aide à plus d’une centaine de femmes. « Nous en sommes à notre 21e cohorte », nous dit Suzie Girard. On parle ici de thérapie de groupe d’une durée de 13 jours. Depuis la première cohorte, nous nous sommes beaucoup améliorés. Cela fonctionne très bien. »

Actuellement, à l’organisme, on compte trois chambres disponibles occupées par deux femmes chacune. « Mais nous avons un potentiel de huit à dix femmes à la fois », reprend la directrice, qui révèle qu’un deuxième bâtiment sera aménagé à cette fin.

Et le profil de la clientèle? « Chacune des femmes a sa propre histoire, même si elles ont toutes été victimes d’agressions à caractère sexuel. Ce sont des femmes de toutes les classes sociales, âgées entre 18 et 78 ans qui peuvent aussi bien venir de la Gaspésie, du Nouveau-Brunswick et de l’Ontario que du Saguenay et de Montréal ou Québec », énumère Mme Girard.

Et la réponse des femmes est incroyable. « Le bouche-à-oreille a eu un impact important, note Sylvain Dupuis. La meilleure publicité est qu’une femme sorte d’ici grandie et en parle autour d’elle », renchérit-il.

On parle de thérapie de groupe à la Maison la Grande Ourse, mais il y a aussi des rencontres individuelles avec des sexologues, par exemple. Sans oublier les activités récréatives qui permettent de ventiler un peu et de se changer les idées.

Financement

Sylvain Dupuis se réjouit, il va sans dire, du succès remporté par le nouvel organisme, mais il soutient que sans l’apport de la communauté et de plusieurs partenaires, rien n’aurait été possible.

« Le ministère de la Justice nous a fourni une aide de 140 000 $. Si nous n’avions pas eu cet argent, nous n’existerions peut-être plus », admet Sylvain Dupuis qui ajoute qu’une demande d’aide financière a aussi été envoyée au Programme de soutien aux organismes communautaires (PSOC). « Et en plus, nous avons une marraine extraordinaire en la personne de Nathalie Simard qui, elle-même, aurait aimé bénéficier de ce genre de ressources », dit-il.

D’ailleurs, le spectacle Harmonie de Noël, offert par Nathalie Simard et l’Harmonie Calixa-Lavallée de Sorel, en décembre dernier, a permis à l’organisme de financer, en partie, ses activités. « Je suis encore à comptabiliser le tout, mais on peut facilement parler d’un profit de plus de 15 000 $ pour cette activité », révèle Sylvain Dupuis.

Et quel est le défi qui attend Maison la Grande Ourse? « Assurer la pérennité de l’organisme et trouver de nouveaux supports de financement afin, notamment, d’améliorer les commodités », de répondre spontanément Sylvain Dupuis.

Pour en savoir plus sur l’organisme et ses services, on compose le 1-855-VIVANTE.

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