20 Décembre 2022
Accident impliquant un autobus à Contrecœur
Une utilisatrice inquiète n’a plus confiance en exo
Par: Alexandre Brouillard

L’impact de l’accident a été si violent que l’avant droit de l’autobus a été complètement enfoncé. Photo gracieuseté

Marie-Claude Payne a eu une peur effroyable le 8 décembre dernier lorsque l’autobus d’exo effectuant le trajet de la ligne 700 dans lequel elle prenait place a fait une sortie de route et a frappé de plein fouet un arbre sur la route Marie-Victorin, à Contrecœur.

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Assise dans l’autobus pour se rendre au travail comme elle le fait depuis plus de 14 ans, Marie-Claude Payne était loin de se douter qu’elle s’apprêtait à vivre toute une frousse. À peine quelques minutes après avoir fait monter un passager sur la route Marie-Victorin, le chauffeur de l’autocar d’exo a quitté la voie de circulation entre la montée Saint-Roch et la huitième avenue pour une raison qui reste à confirmer.

« Je suis habituée des bruits que fait l’autobus parce que je la prends depuis 14 ans. Le 8 décembre, je n’entendais plus rien, je me suis levé la tête et j’ai vu qu’on s’en allait hors de la route. Je me suis protégé et on a frappé l’arbre. Après l’impact, j’ai entendu le chauffeur dire « oh shit! Je me suis endormi » », relate Marie-Claude Payne avec beaucoup d’inquiétude.

Selon elle, le chauffeur était sonné après l’impact. « Il était fendu dans le front et il cherchait ses lunettes. On était quatre ou cinq dans l’autobus. Certains étaient plus sonnés que d’autres », avance-t-elle.

Elle estime qu’au moment de l’impact, l’autobus roulait environ 90 km/h. « On roulait quand même assez vite, clame-t-elle. L’impact a été violent. »

Rejoint par le journal Les 2 Rives, le porte-parole de la Régie de police intermunicipale Richelieu-Saint-Laurent (RIPRSL), Jean-Luc Tremblay, n’a pas été en mesure de confirmer que le chauffeur se serait endormi au volant. « La cause serait une possible distraction. L’alcool et la drogue ne sont pas en cause », précise-t-il, ajoutant que le chauffeur a été transporté à l’hôpital pour des blessures mineures.

Peur pour sa sécurité

Alors que la poussière retombe tranquillement depuis l’accident, Marie-Claude Payne affirme ne plus avoir confiance aux services d’exo. Elle avance que la pénurie de main-d’œuvre précarise les services offerts par le transporteur et que les chauffeurs semblent épuisés. De plus, depuis qu’exo a changé de sous-traitant d’autobus (Transdev) il y a environ un an, elle prétend que les véhicules sont plus vieux et moins fiables.

« J’ai une bosse dans le front et une égratignure sur le genou, rien de plus. Mais c’est beaucoup plus l’inquiétude le problème. Avec l’hiver qui s’en vient et la neige, je ne me sens pas du tout en sécurité d’embarquer dans ces vieux autobus. Un chauffeur m’a même dit que les autobus étaient dans un garage depuis deux ans sans avoir été sur la route. Ce sont de vieilles réguines. Je n’ai pas le goût d’embarquer là-dedans. Mon chum me dit en blague de mettre un casque et des épaulettes quand j’embarque dedans », confie-t-elle.

Un service impacté par l’accident

Le conseiller aux relations médias d’EXO, Jean-Maxime St-Hilaire, a confirmé à notre journaliste que trois passagers et le chauffeur ont subi des blessures mineures lors de l’accident. Ce dernier est d’ailleurs toujours en arrêt de travail en raison d’un choc nerveux. « Les usagers ont rapidement été transbordés dans un autre bus pour compléter le trajet », informe-t-il.

De plus, M. St-Hilaire indique que depuis l’incident, le transporteur dénote certaines annulations de départs en raison de l’absence du chauffeur et de l’autobus qui est actuellement hors service. « Notre fournisseur de service par autobus est en train de mobiliser un autobus de réserve pour stabiliser la situation », soutient-il.

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