27 avril 2022
La crise du logement frappe Sorel-Tracy de plein fouet
Par: Alexandre Brouillard
Le coordonnateur d’Action Logement Pierre-De Saurel, Dominic Gosselin, est préoccupé par le taux d’inoccupation des loyers à Sorel-Tracy. Photo gracieuseté

Le coordonnateur d’Action Logement Pierre-De Saurel, Dominic Gosselin, est préoccupé par le taux d’inoccupation des loyers à Sorel-Tracy. Photo gracieuseté

Durant la dernière année, le taux d’inoccupation des loyers dans la région de Sorel-Tracy a diminué drastiquement, passant de 2,5 % en 2020 à 1,2 % en 2021.

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En mai 2021, alors que des intervenants de la région avertissaient les différents paliers gouvernementaux du sérieux que représentait la rareté des logements dans plusieurs villes québécoises, dont Sorel-Tracy, le gouvernement du Québec refusait de qualifier la situation de crise.

Rejoint par le journal Les 2 Rives l’année dernière, le député de Richelieu, Jean- Bernard Émond, reconnaissait la rareté de logements. Pour sa part, le maire de la Ville de Sorel-Tracy, Serge Péloquin, niait l’existence d’une crise du logement, qualifiant plutôt la situation de « rareté de logements ».

Malgré leurs positions, 12 mois plus tard, le taux d’inoccupation des loyers à Sorel-Tracy a diminué de 1,3 point de pourcentage, s’approchant dangereusement du seuil du 1 %. Selon l’État québécois, lorsque cette statistique approche ou descend sous les 1 %, le marché est vraisemblablement en crise.

Dès lors, face aux nouvelles données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), la ministre des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH), Andrée Laforest, a finalement reconnu la crise du logement.

Des logements dispendieux

En plus de la rareté des logements, c’est l’augmentation des prix qui retient l’attention. En 2021, le prix moyen d’un appartement à Sorel-Tracy est de 650 $, alors qu’en 2020, il était de 612 $, soit une augmentation de 38 $. En 2019, le prix moyen était de 591 $.

Pour le coordonnateur d’Action Logement Pierre-De Saurel, Dominic Gosselin, les prix des logements ont atteint des sommets vertigineux. « Ce sont surtout des loyers à prix modiques qui manquent dans la région, avance-t-il. Les prix n’ont pas de bon sens. Des gens avec moins de revenus doivent avoir des logements pour eux. »

L’importance de reconnaître et d’agir

Dominic Gosselin croit que la reconnaissance de la crise par Québec est un pas dans la bonne direction. « Ils font le constat que tout le monde avait raison, indique-t-il. Quand tu ne vois pas le problème, tu ne peux pas le régler. Donc, on vient de réaliser un mini pas dans la bonne direction. Les actions concrètes devront suivre. »

Quel que soit le taux inoccupation, le coordonnateur d’Action Logement Pierre-De Saurel croit primordial d’agir rapidement. « C’est la première fois, depuis le début de ma carrière, que je vois ce taux en bas de 2 %. Ce n’est pas un enjeu qui se règle dans le temps de le dire. C’est pourquoi le gouvernement doit agir rapidement », conclut-il.

Variation du taux d’inoccupation selon le nombre de chambres entre 2020 et 2021

Studio : ND et ND

1 chambre : 5,8 % à 2,3 %

2 chambres : 1,4 % à 0,8 %

3 chambres : 2,2 % à 0,6 %

Total : 2,5 % à 1,2 %

Source : SCHL

Prix moyens des loyers en 2019, 2020 et 2021

Studio : 394 $, 406 $ et 435 $

1 chambre : 484 $, 507 $ et 537 $

2 chambres : 610 $, 633 $ et 663 $

3 chambres : 661 $, 685 $ et 762 $

Total : 591 $, 612 $ et 650 $

Source : SCHL

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