23 mars 2022
Augmentation du prix de l’essence
Les propriétaires de taxi de la région pris à la gorge
Par: Alexandre Brouillard

Le chauffeur et propriétaire de taxi Carl Mongeau espère que la Commission des transports du Québec augmentera rapidement le coût des courses. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Alors que le prix de l’essence a atteint des sommets vertigineux depuis l’invasion russe en Ukraine, les chauffeurs de taxi peuvent dorénavant payer jusqu’à 125 $ de plus d’essence par semaine.

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S’ils souhaitent sortir la tête de l’eau, la solution la plus rapide et logique pour les propriétaires de taxi serait de tout simplement augmenter le coût des courses. Ils ont toutefois pieds et poings liés, alors que les responsabilités en matière de tarification sont gérées par la Commission des transports du Québec.

Le chauffeur et propriétaire de taxi chez Taxi coop Sorel-Tracy, Carl Mongeau, déplore la situation actuelle et admet qu’elle n’est pas facile pour les chauffeurs de taxi de la région. « Depuis l’augmentation, c’est comme si j’avais 125 $ de moins sur ma paie chaque semaine, lance-t-il d’emblée. Depuis le début de la pandémie, plusieurs corps de métier augmentent leurs tarifs, mais pour les taxis, le gouvernement hésite à les augmenter même si ça fait des lunes que ça n’a pas bougé. »

En comparaison, le service de transport Uber a mis en place de nouveaux frais pour les consommateurs afin de contrebalancer l’augmentation du coût de l’essence. Il s’agit d’un supplément de 0,50 $ sur toutes les courses qui permettra aux chauffeurs et aux livreurs Uber de faire face à la situation.

« Durant la pandémie, tous les chauffeurs ont continué parce qu’on était considérés comme essentiels. On a investi de 400 $ à 500 $ pour protéger nos clients avec des plexiglas, mais le gouvernement provincial ne nous a jamais aidés comme il a aidé toutes sortes d’entreprises », déplore M. Mongeau, qui souhaite voir la Commission des transports du Québec ajuster le coût du départ du taximètre et le prix de chaque kilomètre.

Par ailleurs, dans la belle province, en plus des taxes habituelles, les propriétaires de taxi sont dans l’obligation de verser 1,05 $ à Québec pour chaque course effectuée. Des propriétaires de taxi aimeraient donc voir le gouvernement provincial annuler la taxe sur l’essence. Toutefois, le premier ministre du Québec, François Legault, a déjà indiqué qu’il n’avait pas l’intention de la suspendre.

« C’est sans parler de la loi 17 qui a grandement diminué la valeur de nos permis. J’avais brisé mon cochon, il y a quatre ans, pour devenir propriétaire. Avoir su, je n’aurai jamais acheté le permis », ajoute Carl Mongeau. Adoptée en octobre 2019, cette loi sur la déréglementation de l’industrie du taxi abolissait, entre autres, les quotas des permis des propriétaires de taxi transférables.

La Commission a indiqué qu’elle tiendra une audience publique le 29 mars sur la possibilité de modifier les tarifs de transport rémunéré de personnes par taxi.

Un manque criant de chauffeurs

En plus de la hausse du coût de l’essence, Carl Mongeau indique que la Coop de taxi Sorel-Tracy manque de chauffeurs. « Récemment, on a eu 48 réponses pour des offres d’emploi à la Coop et seulement trois ont complété le processus d’embauche parce que c’est vraiment compliqué avec le gouvernement. On dirait qu’il fait tout pour nous mettre des bâtons dans les roues », conclut-il, en confiant que plusieurs clients se plaignent actuellement du manque de services dans la région.

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