24 mai 2022
Ne pas en démordre!
Par: Louise Grégoire-Racicot

Depuis le début des années 80, Louise Grégoire-Racicot pose son regard sur la région comme journaliste à travers les pages du journal Les 2 Rives. Depuis février 2018, à titre de chroniqueuse, elle livre maintenant chaque semaine son opinion sur l'actualité régionale.

Les voies réduites du pont Turcotte en tout temps font sacrer bien des gens. Et pour cause.

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Ces entraves installées récemment par le ministère des Transports du Québec (MTQ) sont sévères. Elles ralentissent la circulation notamment aux heures de pointe – réalité habituellement rare ici. Comme elles gênent celle des véhicules d’urgence, empêchent le transport public voire même des véhicules récréatifs ou de gros véhicules de promenade.

Tout cela parce que des camionneurs n’ont pas respecté les limites de poids et de hauteur imposées pour protéger la structure du pont affaiblie par la corrosion et l’effritement. D’ailleurs, un rapport d’inspection de 203 pages témoigne clairement de cette détérioration de la structure. Des dommages importants mais non urgents, estime cependant le MTQ.

Ainsi parce que, selon le MTQ, ces délinquants parmi les camionneurs qui représentent 7 % des 18 000 usagers quotidiens ont fait montre d’insouciance, toute une population écope. C’est difficile à avaler. Et de croire que c’était la seule solution.

D’autant que les conséquences sont fâcheuses – perte de temps, accès moins facile au centre-ville qu’on cherche désespérément à revitaliser. Oui, ce pont est une clé de développement et de compétitivité de l’économie soreloise. Il donne accès immédiat non seulement au centre-ville, mais au port et au traversier de même qu’aux principaux pôles de rassemblement et de culture de la région – quai Catherine-Legardeur, parc Regard-sur-le-fleuve, Biophare et Marché des arts Desjardins. Comme au palais de justice et à l’hôpital Hôtel-Dieu en droite ligne.

Les conseils municipaux de Saint-Joseph-de-Sorel et de Sorel-Tracy ont d’ailleurs vite réagi, sans succès jusqu’ici. La balle est dans leur camp. Les citoyens comptent qu’ils pourront faire corriger la situation. Et c’est ensemble qu’ils doivent travailler.

Les élus municipaux doivent aussi composer étroitement avec le députė Jean-Bernard Émond. C’est avec lui qu’ils doivent articuler un solide argumentaire où les « pas d’allure » ou « Ça n’a pas de bon sens » n’ont pas de place.

Ils doivent réunir des arguments dans des résolutions ou mémoires bien articulés, explicites, qu’ils sauront défendre assidûment. Il faut parler haut et fort, chiffres à l’appui, à l’unisson, secondé par les organismes régionaux qui partagent cette préoccupation. Traiter tant de transport collectif que privé, de personnes ou de biens, d’approvisionnement, d’accessibilité aux loisirs, de sécurité, de lutte aux gaz à effet de serre. Et ainsi obtenir que le MTQ procède au plus vite à la restauration de cette infrastructure patrimoniale qui traverse le Richelieu à la hauteur de la route 132.

Alors que Québec injectera 20 milliards $ dans le maintien des infrastructures routières sur une décennie, il faut trouver comment inscrire le pont Turcotte – qui fait partie des 57 structures soumises à des limites de circulation – en haut de liste. Tout dépendra de la stratégie qu’on se donnera. Elle sera essentielle à l’obtention de résultats concrets et satisfaisants.

Évidemment, il faudra reconnaître que le pont Maurice-Martel comble une partie de ces besoins. Mais en rappelant que dès qu’une de ses voies est affectée par un accident ou des travaux, c’est la pagaille, et ce, même avec un pont Turcotte sans entrave qui est un lien prioritaire pour la région. De fait, la preuve est faite que Sorel-Tracy n’est fonctionnelle qu’avec deux ponts. Ce n’est pas pour rien qu’on a bâti le second en 1967. Reste à le rappeler sans cesse au ministère!

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