6 mai 2022
Rio Tinto Fer et Titane vise la carboneutralité d’ici 2050
Par: Alexandre Brouillard

Annie Bourque, directrice exécutive transformation environnement et GES chez RTFT. Photo NathB

Souvent citée parmi les entreprises les plus polluantes du Québec en raison de ses émissions de gaz à effet de serre (GES), Rio Tinto Fer et Titane (RTFT) souhaite renverser la vapeur à l’aide d’objectifs environnementaux audacieux.

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D’ici 2050, l’entreprise métallurgique et sidérurgique souhaite atteindre la carboneutralité. Pour ce faire, elle adoptera les grands moyens. Seulement en 2022, RTFT investira 15 M$ dans des projets en lien avec l’environnement.

La multinationale souhaite réduire de 15 % ses émissions de GES d’ici 2025 et diminuer de 50 % ses émissions de type un et deux d’ici 2030, pour finalement émettre zéro émission nette d’ici 2050.

La directrice exécutive transformation environnement et GES chez RTFT, Annie Bourque, admet que ce sont des objectifs qui ne seront pas faciles à atteindre. « L’engagement de la direction d’être carboneutre d’ici 25 ans a mobilisé tous les employés de RTFT, souligne-t-elle. On a une technologie à base de charbon, on ne se cachera donc pas que ça représente tout un défi. »

Elle confie que les objectifs établis par RTFT sont tels qu’ils ont retenu l’attention à l’échelle internationale. « Je n’ai vu aucun gouvernement ou compagnie mettre une ligne aussi précise en matière de carboneutralité, allègue-t-elle. Si bien que peu après les annonces, l’action avait baissé à la bourse. […] C’est une révolution! »

Alors que cette transition nécessitera de nouvelles technologies et des projets quotidiens d’innovation, le complexe métallurgique de Sorel-Tracy aura un grand rôle à jouer dans les prochaines années. « Sorel-Tracy est un pilier dans le virage », assure Mme Bourque.

Plusieurs projets en cours

Parmi les projets en cours ou à l’étude pour atteindre ses objectifs environnementaux, RTFT travaille à trouver des avenues de valorisation de ses résidus. C’est d’ailleurs avec cette volonté que le projet d’usine de scandium est né.

« C’est important de trouver des avenues de valorisation pour nos résidus, affirme Annie Bourque. C’est une façon d’aller chercher du potentiel d’un résidu qui n’aurait plus eu de vie utile. On travaille constamment en recherche et en développement chez RTFT. »

Dans la même optique d’idées, pour alimenter ses opérations, RTFT a récemment conclu une entente avec Énergir afin d’utiliser du gaz naturel renouvelable (GNR) produit à partir de déchets organiques. Depuis l’entente, RTFT est devenu un des plus importants clients d’Énergir en ce qui a trait à la consommation de GNR. D’ailleurs, RTFT achètera à Énergir un million de mètres cubes de GNR produit à partir de déchets domestiques.

« On calcule que cette entente nous permettra de réduire nos émissions de GES de près de 1900 tonnes d’équivalent de CO2 par année. Ce qui équivaut au retrait d’environ 400 voitures de la route pendant un an », indique Simon Letendre, directeur des relations médias chez RTFT.

Alors que la compagnie travaille d’ores et déjà à atteindre ses objectifs, Mme Bourque souligne qu’il n’y a pas une minute à perdre. « C’est demain 25 ans. On a une usine de 72 ans qui a été construite avec des objectifs différents. Ça nous donne un casse-tête supplémentaire », conclut Annie Bourque.

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