22 mars 2022
Patrick Paul, ancien policier, est employé à l’accueil chez Desjardins
Sa vigilance freine un fraudeur en plein délit
Par: Jean-Philippe Morin

Grâce à l’intervention de Patrick Paul, un fraudeur a été pris la main dans le sac à la succursale Desjardins du boulevard Poliquin, le 28 janvier dernier. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

N’eût été la vigilance d’un employé à l’accueil de la succursale Desjardins du boulevard Poliquin, un fraudeur serait peut-être toujours en liberté.

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Patrick Paul est un ancien policier de la Sûreté du Québec. Retraité depuis cinq ans, il a utilisé ses vieux réflexes et sa force physique pour attraper un fraudeur sur le fait, le 28 janvier dernier. Grâce à lui, Bogdan Mihai Lazar est derrière les barreaux pour les prochains mois.

Depuis le début de la pandémie il y a deux ans, l’homme de 55 ans s’occupe d’accueillir les clients à l’entrée chez Desjardins. Il était censé être embauché à contrat… pour trois semaines. « Je connais tout le monde ou presque! C’est assez rare que je croise quelqu’un qui m’est totalement inconnu. Dès qu’il est arrivé, il semblait regarder partout, il cherchait les guichets et je l’ai trouvé bizarre en partant », témoigne M. Paul.

Vingt-cinq minutes après avoir quitté le guichet, l’homme est revenu. Comme la première fois, il avait des gants et parlait au téléphone. « J’ai commencé à trouver ça louche, mais il y avait beaucoup de monde cet après-midi-là. Je n’ai pas pu lui porter une grosse attention, je devais m’occuper de la file. »

Lorsque l’homme est sorti de la succursale la deuxième fois, Patrick Paul l’a suivi des yeux en demeurant dans le bâtiment. « Je voulais voir au moins un numéro de plaque, mais il s’est mis à marcher jusqu’au IGA. À ce moment, j’ai su que quelque chose clochait. »

Intervention musclée

Bogdan Mihai Lazar est ensuite retourné au guichet pour une troisième fois en environ 90 minutes. Il était toujours au téléphone, avec ses gants noirs. « Vers 15 h 45, c’était plus tranquille. Je me suis approché de lui, il avait une carte de guichet dans les mains et je l’ai entendu dire : « c’est quoi le NIP? 1212? » Dans ma tête, je me suis dit : « Oh oh, c’est un NIP de personne âgée… » », raconte M. Paul.

À ce moment, il demande au fraudeur de lui donner la carte pour voir le nom sur celle-ci. En lui demandant quel nom s’y retrouvait, l’homme ne lui a pas donné le bon. « Je lui ai dit qu’il était venu pour frauder, et à ce moment, il a tenté de me frapper pour se sauver en courant, mais j’ai réussi à le prendre par la cravate et je l’ai projeté au sol. J’ai réussi à le maîtriser avec l’aide d’un autre homme pendant au moins 10 minutes en attendant les policiers », lance-t-il.

« Ce dont je suis le plus fier, c’est que l’intervention a permis de résoudre trois dossiers puisqu’il avait fait la même chose à trois victimes », poursuit-il.

« Je suis quelqu’un de très observateur, je remarque les détails. Ça m’a servi cette fois! », conclut-il.

Fraude grands-parents

Bogdan Mihai Lazar était en communication avec un complice qui lui donnait les informations obtenues grâce à un stratagème de fraude grands-parents.

Une des méthodes utilisées est d’appeler une personne âgée, lui faire croire que sa carte de débit a un problème et lui demander de la mettre dans la boîte aux lettres avec son NIP pour se la faire changer sans contact en raison des restrictions sanitaires liées à la pandémie de COVID-19. La personne croit qu’une fois le problème réglé, une nouvelle carte lui sera retournée dans la boîte aux lettres, mais ce n’est pas le cas.

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