22 mars 2022
Travail et famille, pour un meilleur équilibre de vie
Par: Deux Rives

Maire de Massueville de 2005 à 2021, Denis Marion commente l'actualité en tant que chroniqueur au journal Les 2 Rives. Photo Simon Ménard

La pandémie n’a pas tant généré des changements, elle a accéléré ceux qui se préparaient. C’est vrai pour nos habitudes de consommation, pour l’accès à la culture, ce l’est certainement pour tout ce qui touche au travail. Selon un sondage Léger réalisé en janvier dernier auprès de 1000 entreprises pour le compte du Réseau pour un Québec Famille, nos pratiques de conciliation travail-famille auraient changé de manière durable.

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Le Carrefour Jeunesse-Emploi de Pierre-De Saurel organisait récemment une Semaine de l’Emploi; une occasion pour les entreprises de la région de faire connaître leurs besoins de main-d’œuvre. On a pu constater combien le vent a tourné; confrontés au chômage il y a quelques années encore, nous voilà maintenant au cœur d’une pénurie de main-d’œuvre obligeant les entreprises à relever de grands défis de ressources humaines. Au cœur de ces défis, la conciliation travail-famille.

Selon le sondage Léger, près de 50 % des entreprises qui y ont participé indiquent avoir dû adapter leurs mesures de conciliation travail-famille en raison de la pandémie, la plus importante étant bien sûr le télétravail. La donnée surprenante, c’est que 85 % de ces entreprises ont l’intention de maintenir ces mesures après la pandémie.

Bousculés comme nous le sommes depuis mars 2020, nous cherchons tous à récréer un équilibre dans nos vies. C’est aussi vrai pour les entreprises qui doivent se démarquer dans un marché de l’emploi extrêmement concurrentiel alors que le télétravail fait éclater la géographie (on peut vivre à un endroit et travailler pour une entreprise située loin de la maison). Elles doivent aussi maintenir une culture d’entreprise qui facilite la cohésion des équipes et l’intégration de nouveaux employés.

Avec une pénurie de main-d’œuvre aussi aiguë, la conciliation travail-famille devient de moins en moins négociable. Les résultats du sondage Léger nous montrent que les entreprises le comprennent bien. Comme tant les gestionnaires que les employés ont été affecté par la pandémie, tous conçoivent cette nécessité de conciliation. Au fond, tout le monde est dans le même bateau lorsqu’il s’agit d’équilibre de vie alors que la frontière entre travail et vie personnelle s’est effritée depuis deux ans.

Les commerces, les entreprises de services ou les usines ne peuvent se passer de tous leurs employés sur place. D’autres types de mesures de conciliation peuvent être adoptées. Ainsi, on apprenait récemment que Rio Tinto Fer et Titane, à partir du 13 juin prochain, offrira un congé parental payé de 18 semaines à tout employé qui devient parent, en ne faisant plus de distinction entre la responsabilité « principale » ou « secondaire » du parent en question, une innovation qui, au Québec, complète le congé parental déjà en vigueur grâce à l’assurance parentale.

C’est une donnée de plus dans la grande équation à laquelle notre région et son Chantier d’attraction de la main-d’œuvre sont confrontés quand il s’agit d’attirer, d’intégrer et de retenir des gens pour participer à notre développement. Ce défi existe pour toutes les régions du Québec, ce qui nous place à égalité avec elles. C’est notre intelligence collective, notre volonté, notre cohésion et notre solidarité qui feront la différence et nous permettront de nous démarquer. On devrait y arriver.

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