2 août 2022
Un autre défi
Par: Louise Grégoire-Racicot

Depuis le début des années 80, Louise Grégoire-Racicot pose son regard sur la région comme journaliste à travers les pages du journal Les 2 Rives. Depuis février 2018, à titre de chroniqueuse, elle livre maintenant chaque semaine son opinion sur l'actualité régionale.

Il y a fort à parier que le Sorel-Tracy de demain sera fort différent de celui d’aujourd’hui, ne serait-ce que par l’occupation de son territoire.

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La Ville a déjà défini certaines zones prioritaires de développement. Mais quels moyens le conseil privilégiera-t-il pour bien maîtriser la suite des choses?

Car la Ville vit un moment critique de son histoire. Elle doit implanter les meilleurs outils de lutte contre les affres des changements climatiques – canopée, réduction des îlots de chaleur, etc. – conserver ses milieux naturels et protéger les plus fragiles. Tout en maîtrisant les effets pervers de son étalement, elle dont les espaces verts et boisés sont convoités par les promoteurs de la troisième couronne de Montréal. À preuve, la vingtaine de projets autorisés ou à l’étude visant l’ajout de 1494 logements.

Pour y arriver, le conseil devra redéfinir ses règles de développement domiciliaire. Et même si sa principale source de revenus est l’impôt foncier, il ne devra plus autoriser des projets de construction uniquement pour ajouter à son assiette fiscale. L’argent ne peut faire foi de tout. Améliorer la qualité de vie de ses résidents et protéger leur santé doivent primer. Sa politique de l’arbre témoigne de sa volonté d’y arriver. Mais il ne peut exclure l’achat de grands espaces verts pour l’actualiser.

Le conseil est aussi clair. La construction d’une unifamiliale sur un grand terrain, comme la ville l’a connue, disparaîtra au profit d’immeubles en hauteur, en rangée, duplex, triplex ou quadruplex. On opte désormais pour la densification. Pour réduire la superficie occupée, rentabiliser les coûts d’infrastructures en pensant mieux la desserte de ces nouveaux secteurs, la circulation de ses résidents et en y autorisant des commerces de proximité.

Mais cette densification doit demeurer à l’échelle humaine et peut très bien s’inscrire dans l’environnement déjà bâti quand la superficie des terrains le permet.

L’ajout d’habitation bi-générationnelle, d’un étage ou d’un pavillon de jardin, la transformation d’un garage ou d’un sous-sol en logement, etc. seraient autant de façons d’accommoder plus de citoyens tout en répondant à des nouveaux impératifs tant familiaux que sociaux ou économiques.

Mais tout cela ne peut se faire sans règles strictes touchant à la fois l’architecture même des bâtiments et leur environnement. Si un secteur ne compte pas de bâtiment de deux étages par exemple, on n’y permettra pas un tel ajout. D’autres provinces ont déjà implanté de telles approches avec succès. Reste à la tenter ici.

Tout cela ne pourra pas se faire sans une consultation étroite des citoyens. Une consultation qui saura évacuer le syndrome du « Pas dans ma cour », en quête de l’implantation d’une vie de quartier bien pensée dans un environnement plus sain dont on tirera le maximum du potentiel.

Bien sûr, chaque quartier devrait ainsi évoluer différemment au rythme de ses besoins, de sa réalité, de son environnement, de ses gens. De ses solutions.

Ce qui implique toutefois que chaque conseiller travaille en étroite collaboration avec ses pairs, avec les gens du service d’urbanisme, avec les promoteurs et constructeurs à établir des règles nouvelles de développement qui correspondent aux réalités et besoins d’aujourd’hui tout en s’intégrant harmonieusement.

Le conseiller devra insuffler aux gens qui habitent son quartier l’esprit de coopération nécessaire pour donner à la collectivité soreloise un second souffle dont seule l’acceptabilité sociale est gage de succès. Quel défi!

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