3 mai 2022
Écoute électronique à l’hôtel de ville de Sorel-Tracy
L’inquiétude règne chez les employés
Par: Jean-Philippe Morin

L’inquiétude serait palpable à l’hôtel de ville de Sorel-Tracy chez les employés municipaux après la découverte d’un micro installé par le maire Serge Péloquin dans le bureau du greffier René Chevalier. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Les employés « se posent des questions » et l’inquiétude est palpable à l’hôtel de ville. C’est du moins le constat du syndicat représentant les cols blancs de la Ville de Sorel-Tracy, qui s’assurera de protéger ses membres à la suite de la découverte d’un dispositif électronique dans le bureau du greffier René Chevalier.

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Même si M. Chevalier, visé par le maire Serge Péloquin par de l’écoute électronique, n’est pas représenté par le Syndicat des fonctionnaires municipaux de Sorel-Tracy affilié à Fédération indépendante des syndicats autonomes (FISA), la conseillère syndicale de la FISA affirme sans détour que les employés se posent des questions à l’hôtel de ville.

« Il y a de l’inquiétude et un sentiment de crainte chez les employés, adresse Julie-Maude Cardinal. Chez les fonctionnaires municipaux oui, mais je dirais pour tout le monde. Les employés se sont fait dire de ne pas parler de la situation parce qu’ils ont un devoir de loyauté envers leur employeur, mais ils veulent que les gens sachent qu’ils ne sont pas confortables avec la situation en ce moment. »

Parmi les inconforts régnant à l’hôtel de ville, le maire était présent tous les jours la semaine dernière. « Pourquoi le maire est-il à l’hôtel de ville malgré l’enquête? Plusieurs employés ne sont pas à l’aise. Le greffier a été écouté, mais y en a-t-il eu d’autres? C’est inquiétant tout ça », indique Mme Cardinal.

Le président de la FISA, Réal Pleau, s’inquiète également. « Bien que [nos membres] n’aient rien à se reprocher, ceux-ci ont droit, même au travail, à un minimum de vie privée. Le greffier reçoit, dans son bureau, à tout instant, des employés de la Ville dans le cadre de son travail. Indirectement, ces employés ont eux aussi fait les frais de cette écoute électronique », réagit-il.

Le syndicat assure que peu importe ce qui arrivera, son mandat sera toujours de protéger ses membres. Des procureurs de la FISA ont d’ailleurs été mandatés pour s’assurer que les droits de leurs membres soient préservés. Entre 50 et 60 cols blancs à Sorel-Tracy relèvent de ce syndicat. « On va tout faire en notre possible pour les protéger tout en leur évitant des représailles », assure Julie-Maude Cardinal.

Quant à Réal Pleau, il dit douter de la légalité des gestes du maire et demande aux autorités concernées que le Syndicat soit avisé rapidement de la suite des procédures.

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