29 mars 2022
Demande de changement de zonage pour un projet de 224 logements
Trois conseillers se positionnent contre
Par: Katy Desrosiers

Le conseiller Patrick Péloquin a demandé le vote en se positionnant contre la modification de zonage. Photo Pascal Cournoyer | Les 2 Rives ©

Trois conseillers craignant un déboisement massif ont voté contre une demande de modification de zonage pour un projet immobilier de 224 logements derrière le cimetière anglican, lors du conseil de ville de Sorel-Tracy, le 21 mars. Les promoteurs, de leur côté, assurent suivre un plan de conservation et de reboisement strict.

Publicité
Activer le son

À lire aussi :
Développement immobilier derrière le cimetière anglican : des logements accessibles pour les familles sont prévus
Projet immobilier sur la rue du Collège : les promoteurs entretiendront le cimetière anglican

Patrick Péloquin a demandé le vote, alors que Sylvie Labelle et Olivier Picard se sont rangés de son côté. La modification a tout de même été acceptée puisque les cinq autres conseillers ont voté en sa faveur.

Deux raisons ont poussé Patrick Péloquin à demander le vote. Premièrement, il mentionne que même avec la conservation et la plantation d’arbres, plus de la moitié du boisé devra être détruit. Deuxièmement, il avance que la zone ne fait pas partie des zones prioritaires de développement.

« Ça vient détruire la canopée, les arbres de la Ville et ce n’est pas dans ce sens-là qu’on veut aller. Je trouve que c’est un beau projet, mais il y a d’autres endroits dans la ville où on peut faire ce projet-là. Nous avons de multiples terrains vagues », a noté Patrick Péloquin.

« Les citoyens sont horrifiés de voir à quel point les arbres tombent dans chaque développement. Je ne dis pas que c’est le cas ici. Vous avez eu un souci, mais il y a quand même la moitié de la forêt qu’il faut jeter par terre », a renchéri la conseillère Sylvie Labelle, en s’adressant aux promoteurs.

Selon le conseiller Olivier Picard, une des bonnes nouvelles est que le projet ne nécessite plus une coupe à blanc. « Il y a eu des efforts, mais ils étaient, à mon sens, insuffisants. Je pense qu’on aurait pu pousser un peu plus pour densifier et protéger plus d’arbres », a-t-il mentionné.

Un inventaire a été réalisé pour voir si des superficies vacantes correspondaient au développement. Quelques-unes sont ressorties, mais elles ne possèdent pas la même situation géographique et proximité à différents services.

Le maire Serge Péloquin a souligné que les promoteurs ont déjà commencé à modifier le projet en respectant des précédentes demandes. « Près de 138 arbres ont été ajoutés, a-t-il précisé. Quand on dit qu’on veut mieux encadrer les développements résidentiels, ç’a été fait. »

Patrick Péloquin a rappelé que les citoyens du secteur pourront dire leur mot sur ce projet lors d’une future signature de registre. La date de ce processus de consultation n’a pas encore été déterminée.

Un boisé sans valeur?

Un des actionnaires du projet, Emmanuel Eveno, a expliqué en entrevue que l’intention de protéger le couvert forestier a toujours été présente. Une étude en foresterie a permis de constater que le boisé n’a pas une grande valeur écologique.

« C’est sorti de faible à moyen. Il y a quelques portions qui ont un peu plus de valeur moyenne ou élevée, mais on s’est organisé pour les conserver. On a négocié avec la Ville et sacrifié des bâtiments pour conserver le maximum de ce qui avait de la valeur », soutient M. Eveno.

Les promoteurs sont déçus que des conseillers soient en opposition. « On a travaillé fort avec les employés de la ville, les urbanistes, pour faire le maximum. Le plan de reboisement, on pensait vraiment que ça allait satisfaire tout le monde », laisse-t-il tomber.

Les promoteurs souhaitent rencontrer ces conseillers pour voir comment ils pourraient les satisfaire.

image